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VINIFICATION : Quand les champenois font du vin rouge !

En Champagne,  on a besoin du vin rouge pour l’élaboration du Champagne rosé, qui peut se concevoir de deux façons :

  • La première se nomme « Rosé d’assemblage » et pour cause : on vinifie séparément 5 à 20% de vin rouge reconnu par l’AOC Champagne et du vin blanc tranquille. On les réunit lors de l’assemblage, avant la mise en bouteille et la prise de mousse (la Champagne est la seule région française autorisée à mélanger vin rouge et vin blanc).

  • La seconde consiste à fouler les raisins noirs à jus blanc issus du cépage pinot noir ou pinot meunier avec leur peau, dont les pigments naturels vont colorer les jus en les enrichissant de leurs composants aromatiques lors d’une macération de 1 à 3 jours. Cette méthode exige un grand savoir-faire et c’est la maîtrise de cette technicité qui va déterminer à la fois le goût et la couleur du champagne ainsi obtenus. D’où son nom « Rosé de macération » ou « de saignée« . On obtient alors un vin rosé tranquille, qui est ensuite travaillé de la même façon que les vins blancs utilisés pour élaborer les champagnes blancs. Le Champagne rosé de saignée est plus vineux, plus intense, avec des arômes fruits rouges prononcés et une robe d’un rosé plus intense, en raison de la présence exclusive de Pinot Noir et/ou Pinot Meunier.

La majorité des maisons de Champagne achètent du vin rouge pour l’assembler à leur blanc, d’autres le confectionnent eux mêmes via la deuxième technique et c’est notre cas. Tout d’abord, on utilise le cépage Pinot Noir grand Cru. Une fois pressé, on a besoin de conserver le moût pour qu’il macère et prenne sa couleur et ses arômes, et ce à une faible température afin d’éviter un départ en fermentation trop précoce. Surtout par les chaleurs de ces derniers jours qui accéléreraient le processus.

Pour cela, Patrice ajoute de la glace carbonique sous forme de glaçons à -20 degrés dans le moût. Cela produit cette vapeur d’eau blanche visualisée sur les photos, telle une fumée sortant de la cuve, au moment de la vider.

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Vendanges 2019

LA RÉCOLTE : DE QUOI DÉPEND SA QUALITÉ ?

Le premier critère de qualité d’un bon champagne, c’est la maturité du raisin pour un bon millésime : il faut que l’acidité se tienne, et ce fut le cas cette année.

Précisons que nous ne faisons qu’une seule fermentation au lieu de deux depuis 2008 : En effet, le climat s’est réchauffé : il y a de ce fait moins d’acidité dans les raisins donc dans le vin. Et en procédant à une seule fermentation, on conserve mieux l’acidité naturelle du raisin.

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Une photo de Patrice dans les chardonnays

Cette année, la cueillette traditionnelle s’est réalisée à une période classique pour une vendange en Champagne, c’est à dire à la mi septembre. : Le rendement demandé par l’appellation étant modéré, la récolte fut très qualitative. Comme prévu, la grande période d’ensoleillement joua également sur la teneur en sucre.

La qualité sanitaire des vignes fut exceptionnelle cette année. En effet le peu d’humidité rencontrée du printemps à la fin de l’été avec des journées chaudes et des nuits fraîches fut un facteur majeur.

Pour résumer, les facteurs pour faire un millésime de qualité sont :

  • une bonne maturité
  • un bon ensoleillement pour un taux de sucre optimal (10.5°)
  • une bonne qualité sanitaire (pas de mildiou, oidium, etc)
  • un rendement correct

Dans tous les cas, la nature décide. Et en moyenne, on peut réaliser un excellent millésime 2 année par décennie (Derniers cas : 2012, 2008).

ANECDOTE DE VENDANGES

Des photos d’une tradition qui s’exerçait dans notre maison il y a encore quelques années : à la fin des vendanges, les femmes ramassaient les derniers raisins et faisaient couler le dernier marc au pressoir ! Evidemment, cela tournait souvent en bain aux raisins … 😉

PHOTOS & VIDEOS DE CES VENDANGES 2019