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Au printemps, on nourrit la vigne !

Puisque les ventes de Champagne sont reportées pour le moment, le temps du confinement, nous portons l’essentiel de notre attention sur la viticulture depuis une dizaine de jours.

En cette fin de semaine, ce fut le moment d’épandre l’engrais organique, avant que la vigne commence à pousser. En effet, vu que nous lui demandons un certain rendement (environ 10.000 kg de raisons par hectare), elle est comme nous, elle a besoin de se nourrir : pas de nourriture, pas de raisins !

DE LA CHIMIE
L’engrais que nous épandons au tracteur (voir vidéo ci-dessous) se modifie peu à peu au cours de la saison sous l’action de bactéries qui transforment l’ammoniac (NH3) en nitrite (NO2–), puis en nitrates (NO3–), au cours du processus de nitrification. Ainsi la vigne est nourrie lentement.

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ET AVANT ?
Nous n’épandons cet engrais qu’une fois par an et nous avons toujours épandu de l’engrais organique, même du temps de notre grand père où les vignes étaient enrichies par le fumier des vaches et des chevaux : Cet engrais très concentré était utilisé avec parcimonie à l’époque car s’ il y en avait trop cela favorisait la pourriture grise sur les raisins.

ENVIRONNEMENT
Le fait de broyer les sarments de vigne nous permet d’économiser environ 10 à 15 unité d’azote par hectare, par contre comme nous avons désormais des sols enherbé dans nos vignes, l’herbe consomme une partie de l’engrais destiné à la vigne. On a rien sans rien mais l’art du vigneron est aussi de cultiver la terre dans le respect des sols.

 

Bon courage à tous dans cette période de trouble !
Le Champagne MARC

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Vendanges 2019

LA RÉCOLTE : DE QUOI DÉPEND SA QUALITÉ ?

Le premier critère de qualité d’un bon champagne, c’est la maturité du raisin pour un bon millésime : il faut que l’acidité se tienne, et ce fut le cas cette année.

Précisons que nous ne faisons qu’une seule fermentation au lieu de deux depuis 2008 : En effet, le climat s’est réchauffé : il y a de ce fait moins d’acidité dans les raisins donc dans le vin. Et en procédant à une seule fermentation, on conserve mieux l’acidité naturelle du raisin.

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Une photo de Patrice dans les chardonnays

Cette année, la cueillette traditionnelle s’est réalisée à une période classique pour une vendange en Champagne, c’est à dire à la mi septembre. : Le rendement demandé par l’appellation étant modéré, la récolte fut très qualitative. Comme prévu, la grande période d’ensoleillement joua également sur la teneur en sucre.

La qualité sanitaire des vignes fut exceptionnelle cette année. En effet le peu d’humidité rencontrée du printemps à la fin de l’été avec des journées chaudes et des nuits fraîches fut un facteur majeur.

Pour résumer, les facteurs pour faire un millésime de qualité sont :

  • une bonne maturité
  • un bon ensoleillement pour un taux de sucre optimal (10.5°)
  • une bonne qualité sanitaire (pas de mildiou, oidium, etc)
  • un rendement correct

Dans tous les cas, la nature décide. Et en moyenne, on peut réaliser un excellent millésime 2 année par décennie (Derniers cas : 2012, 2008).

ANECDOTE DE VENDANGES

Des photos d’une tradition qui s’exerçait dans notre maison il y a encore quelques années : à la fin des vendanges, les femmes ramassaient les derniers raisins et faisaient couler le dernier marc au pressoir ! Evidemment, cela tournait souvent en bain aux raisins … 😉

PHOTOS & VIDEOS DE CES VENDANGES 2019

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L’ébourgeonnage en Champagne

PRINCIPE
Pied de vigne copieComme tous les fruitiers, la vigne est dotée de rameaux à fruits (appelés sarments) et de rameaux qui ne donneront rien (charpente). L’ébourgeonnage consiste à sélectionner et enlever les bourgeons qui freineraient le bon rendement de la vigne. En effet, à quoi sert-il de conserver de futurs brins dépourvus de fruits, gourmands en eau, en substances nutritives et en énergie ? Si dés le départ ils sont supprimés, le développement des brins à fruits est favorisé et le rendement de la vigne est meilleur. Cela permet également d’aérer les raisins : c’est une opération prophylactique qui permet de préserver la santé de la vigne plus facilement … et de récolter de plus beaux raisins !

TECHNIQUE
Cette opération a lieu au printemps, en mai, et fait appel à l’œil expérimenté du vigneron :

  • il enlève tous les bourgeons poussant sur les vieilles charpentes;
  • il garde sur le pied uniquement 1 à 2 bourgeons pour faciliter la taille de l’année d’après;
  • il enlève les les « doublons » des brins fructifères (brins poussant en double).

 

Cette année, avec les coups de chaleur printaniers

 

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Le palissage en Champagne